un) est un lieu où l'on entretient des chevaux entiers ou étalons & des jumens pour multiplier la race des chevaux. Les étalons doivent être d'un bon poil & bien marqués, & être vigoureux : on ne doit point faire saillir les jumens jusqu'à six ans. Les cavales doivent être à peu près de l'encolure de l'étalon & être bien marquées : on peut les faire saillir à l'âge de trois ans. On doit nourrir avec soin l'étalon avant que de le donner aux jumens, c'est-à-dire, lui faire manger de bon foin & de bonne avoine, ou de la paille de froment ; ne le pas faire courir ni travailler, mais le promener seulement : on peut lui donner jusqu'à quinze & dix-huit cavales à couvrir ; mais lorsqu'il atteint douze à quinze ans, il ne doit plus servir d'étalon.
On fait couvrir ordinairement les cavales au mois de Mars : elles portent onze mois & autant de jours en outre qu'elles ont d'années : il ne faut pas les faire travailler après qu'elles ont été couvertes, & on doit les laisser reposer au moins trois ou quatre jours. Avant de faire couvrir une jument, on doit lui donner tous les matins pendant huit jours un picotin de chenevis, on peut y mêler du son & de l'avoine. Cette nourriture la met en chaleur ; dès qu'elle y est on la donne à l'étalon, mais avant il faut la tenir en main un peu de tems & à la vue du cheval. On doit marquer le jour qu'on a fait couvrir les cavales, afin de les veiller de près lorsque le tems de pouliner sera venu, & de les aider dans cette action s'il est nécessaire. Dès qu'elles ont pouliné, on doit leur donner pour breuvage trois pintes d'eau tiéde, dans laquelle on a détrempé de la farine & une petite poignée de sel, ce qu'on réitere pendant trois jours soir & matin ; ensuite on les met dans de bons pâturages, & on ne les fait point travailler d'un mois : on laisse téter les poulains pendant neuf à dix mois, & on ne doit les sévrer qu'à la fin de l'hiver suivant. On les met ensuite dans l'écurie avec bonne litiere, & un ratelier un peu bas & on ne les atache point ; leur meilleure nourriture est de bon foin, du son, & leur ordinaire d'avoine, mais un peu moulue dans les commencemens.
Lorsqu'ils sont arrivés à un âge convenable au travail, car on ne parle ici que des chevaux destinés pour les travaux de la campagne, on les met au harnois : il faut les tenir en bride la premiere fois, les atteler à une petite voiture, & ne leur faire faire qu'une petite distance de chemin, sans abandonner la bride & les domptant peu à peu, mais avec douceur, d'un jour à un autre. On ne doit point les trop pousser dans les commencemens, mais leur faire faire un travail proportionné à leur âge & à leur force.





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